mardi 19 septembre 2017

Argentomagus : un trésor archéologique dans le Berry

Aux portes de la ville d'Argenton sur Creuse, ou plutôt autour et partout dessous, se trouvait la cité d'Argentomagus. D'abord ville gauloise, puis romaine, on y trouve aujourd'hui d'innombrables traces de cette riche histoire qui commence en fait à la préhistoire. Aujourd'hui et depuis des années, des fouilles sont en cours qui ont permis de mettre à jour des trésors archéologiques tels la nécropole, la domus de Macrinus, la fontaine et bien sûr le magnifique théâtre. C'est presque chaque jour que de nouvelles découvertes ont lieu, tant le sous-sol regorge de témoignages du passé : le souterrain, dans la fontaine, et ce qui pourrait s'avérer être, selon ce que nous a confié un spécialiste du lieu, une découverte unique en Gaule à ce jour... mais dont je ne dirai rien de plus ! Les archéologues, les passionnés ont encore de longues heures de fouilles devant eux ! Car quoi de plus gratifiant que de se trouver face à des vases intacts, des bracelets ciselés, des pans entiers de murs ? Un travail de longue haleine et qui n'est pas près de se terminer, puisqu'on estime à ce jour que seulement 10 pour cent du site d'Argentomagus a été mis au jour. On comprend bien que la cité devait être très étendue et très peuplée.
Lors des journées du patrimoine, le musée est les extérieurs étaient totalement ouverts au public. On en a profité pour faire un saut dans l'Histoire !

Le musée
Au fur et à mesure d'une visite qui démarre à la Préhistoire, on en apprend un peu plus sur les découvertes faites à Argentomagus mais également sur le passé de la France. Que l'on vive n'importe où dans l'Hexagone, personne n'est à l'abri de trouver une statuette ou des amphores dans son jardin, qu'on se le dise ! C'est pour cela qu'un travail de recensement des objets archéologiques trouvés par les particuliers est effectué. Au fur et à mesure des salles, on poursuit notre progression au fil des siècles pour se retrouver à l'époque gallo-romaine. A l'intérieur, les vestiges et les explications. A l'extérieur, à travers les baies vitrées, le site qui s'étale sous nos yeux. Puis, la descente en pente douce continue pour nous conduire jusqu'à la crypte et ses solides murs de pierre. Toucher du doigt ce que nos ancêtres ont bâti, voilà de quoi redevenir humble ! 



Les extérieurs
Si certaines parties sont bâchées afin de les protéger des intempéries (attention, fouilles en cours !), on peut néanmoins admirer la fontaine monumentale dont on suppose qu'elle possédait une toiture et en apprendre sur la domestication de l'eau avec l'existence d'un aqueduc et la présence de réservoirs (que l'on peut voir juste en contrebas du musée). Le sanctuaire laisse également imaginer  de par sa taille l'importance d'Argentomagus, mais également de par les découvertes qui y ont été faites (statuettes et monnaies) de l'activité qui y avait lieu ainsi que du syncrétisme religieux entre les cultures locales et la religion romaine. 


Le théâtre romain
A 10 minutes à pied (on peut y aller en voiture), se trouve le grand théâtre. Pouvant accueillir 6000 à 7000 personnes, il est en fait formé d'un premier théâtre, auquel un deuxième, plus grand est venu se greffer. On remarquera les deux lignes de murs relativement serrées qui se suivent et se rejoignent pour ne plus en former qu'un. Gradins, allées, scène, tout est extrêmement bien conservé, si bien qu'on imagine sans peine ce à quoi pouvait ressembler cette construction assez monumentale. 




On ne saurait que trop vous recommander d'aller à Argentomagus, parce que le musée est passionnant et que le site est immense. Que vous soyez des férus d'archéologie ou les néophytes, vous adorerez cette visite ! Et puis, par la même occasion, ne manquez pas de vous balader dans la superbe ville d'Argenton sur Creuse, de découvrir les bords de Creuse et de vous perdre sur les routes verdoyantes du Berry (non loin de là, par exemple, le joli village de Lys Saint Georges !) 

jeudi 14 septembre 2017

14 de septiembre : bon anniversaire Cochabamba !

Alors peut-être que tout le monde s'en fout, c'est un peu ce que mes élèves ce matin m'ont gentiment fait comprendre lorsque je leur en ai parlé, mais moi je trouve ça super important et c'est une date que j'ai en mémoire. Le 14 septembre, c'est l'anniversaire de la ville de Cochabamba en Bolivie. Cochabamba n'est pas forcément une ville ultra touristique. Peu de monuments, de rares mentions dans les guides (vous savez, ces petites Bibles qui indiquent au voyageur là où il faut aller et, par omission, les lieux qui n'ont aucun intérêt ?). Et pourtant, c'est une ville qui a mille atouts :
- le climat est exceptionnel. Tempéré, peu de jours de pluie, soleil permanent en hiver. Ni trop chaud, ni trop froid.
- le rythme y est plus lent qu'à la Paz. Cochabamba est une grande ville mais où l'on vit et on se déplace autrement plus tranquillement qu'à la capitale. 
- la gastronomie est renversante. J'avais déjà écrit un article ici sur le sujet. A Cochabamba, on ne mange pas pour vivre, on vit pour manger. La variété des plats est impossible à quantifier. On y trouve aussi bien des viandes savoureuses, que des poissons de rivières, les fruits et légumes les plus sucrés et goûteux (les pèches, mon Dieu, les pêches !!). Et les sucreries ne sont pas en reste !
- l'activité musicale et culturelle y est très intéressante. Le théâtre Acha propose de nombreux spectacles et les plus grands groupes folkloriques sont originaires de Cochabamba : Tupay par exemple, et bien évidemment Los Kjarkas, le groupe mythique qui a fait voyager le folklore bolivien à travers le monde. 
- la fête de la Vierge d'Urkupiña (articles ici, ici et encore ici) est un événement à ne pas manquer. Défilés de danseurs, de costumes, de fanfares, sous un ciel autrement plus clément que celui du célèbre carnaval minier d'Oruro. 
- c'est la ville où j'ai passé beaucoup de temps en Bolivie, une ville que j'aime parce que son rythme correspond au mien. J'aime ses marchés, ses jardins, ses rues, son Christ de quelques centimètres plus haut que celui de Rio et que l'on voit de l'avion avant d'atterrir (en partant aussi, on le voit devenir petit et on pleure quand il disparaît du champ du hublot). J'aime sa laguna Alalay, son jardin Botanique, et même sa décharge (si, si !) parce que les enfants qui la peuplent et avec qui j'ai eu la chance de travailler m'ont beaucoup appris sur le sens de la vie.
Pour tous ces enchantements, je vous invite à dire avec moi :
Bon anniversaire Cochabamba !!
Ici quelques photos inédites puisque retrouvées dans un appareil photo qui a circulé de mains en mains en 2014, des mains 100% boliviennes et la moitié du temps dans des mains de 5 ans et demi. Photos authentiques, autant dire ! 

samedi 9 septembre 2017

En immersion dans le blockhaus hôpital des Sables

C'est comme s'il était là depuis toujours, le blockhaus. On passait devant tous les jours d'été pour aller à la plage. Il faisait partie des meubles. Jamais on n'aurait soupçonné qu'autant de choses se cachaient sous ce gros bloc de ciment. Et puis, un jour, un passionné d'histoire s'est mis en tête de le réhabiliter et d'en faire un musée. Les informations collectées sont énormes et précieuses : documents personnels, archives, documents audiovisuels inédits, uniformes d'époque et objets personnels. Les vitrines sont remplies de témoignages tangibles de ce qu'a été la deuxième guerre mondiale aux Sables d'Olonne. De part sa situation sur la façade Atlantique, la ville a été un point stratégique, tant pour les Allemands qui y avaient construit une ligne de défense presque sans failles - blockhaus le long de la côte, plage recouverte de mines - que pour les Alliés qui cherchèrent à y débarquer. La population civile, de son côté, s'est beaucoup investie dans la résistance. Comme partout ailleurs, des résistants et des Juifs ont été déportés. De nombreux vendéens ont été réquisitionnés pour le travail obligatoire en Allemagne. Quant aux réfugiés des autres régions, ils sont venus en masse trouver un ciel plus clément aux Sables d'Olonne. Le site que nous visitons se situe en centre-ville, en retrait de l'océan et était en réalité le blockhaus hôpital des nazis. Infirmerie, salle d'opération, cellule des dirigeants, tout les "pièces" sont accessibles et ont été reconstituées à l'identique grâce à des documents. Tout ce réalisme provoque une série de sentiments mélangés : curiosité, intérêt, mais aussi inquiétude, tristesse, prise de conscience aigüe de cet horrible conflit qui a déchiré le monde. En sortant, on se dit d'une part que, définitivement, la guerre est horrible et que, d'autre part c'est très bien que des passionnés fassent vivre la mémoire. Parce que, tant qu'on se souvient, on est vigilant, on est en résistance et on vénère la paix. 
Un musée que l'on vous recommande vivement. 





vendredi 8 septembre 2017

Henri Bordeaux, Joseph Peyré : de la misogynie en montagne

Que les choses soient claires et nettes, posées dès le départ : je ne suis pas une féministe. Non que j'aime me faire dominer par les hommes dans une société machiste, gagner moins qu'eux et me faire mépriser quand je porte une jupe. Cependant, je ne suis pas du tout dans la mouvance militante qui veut qu'on fasse tout comme les hommes. Pardon, mais je ne suis PAS un homme. Je tiens à rester une femme avec tout ce que ça a de particulier. Dans les sociétés andines, loin d'être aussi machistes qu'on le pense (cette fâcheuse tendance n'arrivant qu'avec la colonisation espagnole), hommes et femmes ne sont pas identiques mais complémentaires. Aucun ne prend le dessus sur l'autre, mais chacun est respecté et utile dans le couple pour ce qu'il sait faire de mieux. Une équipe, en quelque sorte. En réalité, ce qui rend les femmes féministes, c'est le machisme de nos sociétés. Dans les deux romans que je viens de lire et qui se situent tous les deux en montagne, c'est à la misogynie dans toute sa splendeur que j'ai été confrontée. De quoi énerver les demoiselles les plus pacifiques. J'explique. 
Henri Bordeaux, Le barrage, 1927.
L'histoire d'un village des Alpes à qui l'on apprend qu'il va être noyé au profit d'un barrage hydro électrique et de sa retenue d'eau. Le village pourrait ici être un personnage à part entière, s'il ne formait qu'un et, comme un seul homme, choisissait de se rebeller plutôt que de plier. Or, la grande majorité du village se soumet sans trop broncher et il est fait dans le livre un éloge au progrès qui arrive dans les chaumières et les fait sortir de l'obscurantisme païen. Reste un personnage, celui du chasseur de chamois rustre qui se comporte en ours et qui, lui, se refuse à admettre que son village puisse disparaître sous les eaux. On donne cependant des circonstances atténuantes à ce comportement : la mort de sa femme, sa fille au couvent après la mort de son fiancé. Que Dieu lui pardonne. Car la religion est omniprésente et, même lorsque les traditions et le respect voué à la montagne sont évoqués, le Créateur n'est jamais bien loin. Quid des femmes, me direz-vous ? Eh bien aucune ne sort vraiment du lot. Vierges effarouchées sans défenses face à l'appétit des ouvriers - étrangers, et ce n'est pas qu'un détail - venus construire le barrage, mères de famille aux fourneaux, sans voix, sans conscience, aveuglées par leurs sentiments et bigotes. Heureusement, Dieu est juste et bon : l'âme des égarées sera sauvée, tout est pardonné. On voit bien, mais c'est l'époque, me direz-vous ?, que les femmes n'ont pas le droit de cité dans les débats concernant la sauvegarde ou non de ce village. Au fond, n'importe quelle histoire aurait été bonne pour qu'Henri Bordeaux nous serve sa morale sur la salvation et le pardon. 
D'autres villages engloutis:

 Lac du barrage de Tignes
Lac du barrage de Roselend

Joseph Peyré, Matterhorn, 1939.
Dix ans plus tard, les choses ne sont pas améliorés. Pire, elles sont dites explicitement. Au rayon des femmes qui se mouvent dans le microcosme de Zermatt en été : la paysanne sans voix qui passe son temps à attendre son fiancé guide de haute montagne, l'américaine hystérique qui veut coûte que coûte bâtir une sorte d'hospice catholique en haut du Cervin, et la touriste fortunée et malheureuse en amour qui croit dur comme fer que de grimper au Cervin avec son mari pourra ressouder leur couple. Reconnaissons cependant que, niveau folie, les hommes ne sont pas en reste puisqu'un dément ayant construit un Matterhorn en carton dans sa résidence d'été y place avec minutie les petites croix qui symbolisent les morts tombés sur les différentes parois. Sa voix prophétique dit à quel point cette montagne rend fou et suscite des passions incontrôlées, mêlant la peur et le désir illuminé. Kate, notre fameuse touriste fortunée, choisit de prendre comme guide le robuste Jos-Mari afin de suivre avec lui l'entraînement long et nécessaire qui pourra lui permettre d'améliorer sa condition physique et ainsi gravir le Cervin. Les amateurs de montagne pourront ici faire abstraction de tout le côté niais de leur relation et de l'absence d'action pour savourer de belles pages d'écriture montagnarde. Là-dessus, on ne va pas cracher dans la soupe lorsqu'on nous propose de si belles descriptions des sommets et des ascensions. Ni lorsque les guides - également sauveteurs - y sont présentés comme des demi-héros. Remarquons simplement que la montagne leur est réservée, que c'est une affaire d'hommes et de virilité. La femme, elle, est une pauvre créature frêle, aux capacités physiques extrêmement limitées, voire inexistantes et qui est comme un intrus dans ce milieu écrasé de machisme. Certaines phrases du livres le disent d'ailleurs de manière totalement explicite. 

Alors quoi ?
Alors, d'une part, malgré mes critiques, j'ai beaucoup aimé lire ces deux livres. Le premier, parce qu'il raconte une histoire dans des paysages qui me sont chers et qu'il fait écho à tous les autres villages des Alpes qui seront noyés dans les années suivantes. Le second, parce qu'il évoque le Cervin, ce sommet mythique que j'ai eu la chance d'approcher adolescente et dont la force m'a marquée à vie, dans une écriture beaucoup plus riche et intéressante que le premier roman. 
D'autre part, cela m'amène à me poser les questions suivantes : le milieu de l'alpinisme est-il toujours misogyne ? Si on regarde la place des femmes dans les grandes ascensions himalayennes encore teintées de nationalisme des années 50 - 60, on ne peut pas vraiment dire que les choses se soient améliorées. Les exploits féminins sont-ils autant valorisés que ceux des hommes ? Le statut de héros ne se décline-t-il pas essentiellement au masculin ? 
Mon enquête sur la misogynie des cimes ne fait que commencer... 

mercredi 6 septembre 2017

S'évader aux Mureaux

C'est à une véritable campagne de réhabilitation que nous allons nous livrer aujourd'hui. C'est en choisissant des photos pour mon autre blog...

PAGE DE PUB ! Oui, alors, j'ai un autre blog qui s'appelle "Chroniques de la Pampa" que vous pouvez lire ici et où je parle maison, jardin, plantes, cuisine, DIY un peu mais pas trop parce que bon je ne suis pas très DIY en fait, santé, yoga, bien-être et d'autres choses incroyables et dont je suis assez fière. Du blog, pas des choses incroyables que je raconte parce que bon je ne suis pas si narcissique tout de même. Quoique, quand on écrit un blog, on a envie qu'on nous lise donc on est forcément un peu narcissique quand même, non ? 

...que je suis retombée sur des photos qui m'ont ramenée à ce superbe endroit que j'ai beaucoup fréquenté. Et j'avais envie de vous montrer que non, les Mureaux, ce ne sont pas que les barres et les tours, les immeubles décrépis et les ruelles qui font peur même en plein jour. (D'accord, c'est beaucoup ça aussi). Mais ce n'est pas QUE ça. Les Mureaux, ce sont des bords de Seine, des étangs magiques à toutes les saisons, un voyage permanent. Vous croyez que j'en fais trop ? Sautez donc dans le train gare Saint Lazare direction Mantes la Jolie. Une demie-heure plus tard, vous êtes arrivés à destination. En réalité, l'endroit idyllique dont je vous parle se situe entre les communes des Mureaux, Verneuil sur Seine et Vernouillet. Il s'agit de plusieurs étangs alignés le long de la Seine. A cet endroit du grand fleuve, je me suis souvent, en voyant passer au ralenti les gigantesques porte-containers en direction de Rouen, prise à rêver de m'embarquer sur l'un de ces géants des mers pour voguer loin, très loin sur les océans, loin de la grisaille et des vicissitudes de ma vie de banlieusarde écœurée de stress. Pour les parisiens ayant un besoin impérieux de nature et d'espace, c'est l'endroit idéal. Base de loisirs (payante en été mais gratuite tout le reste de l'année), baignade surveillée, centre équestre, tennis, mini-golf, port de plaisance : de quoi se sentir en vacances pas très loin de chez soi. J'ai beaucoup parcouru ces chemins, "hors saison", au printemps, à l'automne, les jours d'hiver ensoleillés où la lumière était magnifique. Je me suis ressourcée, calmée, aérée, baladée, évadée. C'était mon voyage à deux pas de l'appart, mon petit coin à moi, loin du béton. Et c'était cool. Et j'y tiens beaucoup ! Amis parisiens, ne restez pas enfermés dans vos cages à lapin, prenez le train !
Et en images, ça donne ça :




mardi 5 septembre 2017

Apprendre à nager quand on est adulte : un vrai défi !

Attention, article perso ! Mais qui va sans aucun doute toucher quelques personnes. Et sujet épineux puisque, quand on est adulte, on a souvent honte d'avouer... qu'on ne sait pas nager. Normalement, on apprend ça quand on est petit. A l'école. En vacances. Et, comme le vélo, ça ne s'oublie pas. On pratique chaque année au mois de juillet à la mer, on va à la piscine entre copains ou en famille et ainsi de suite. 
Premier handicap : la tradition familiale
Lorsque, petit, on ne va jamais à la mer, c'est déjà un obstacle. Les enfants qui crient, le sable qui gratte entre les doigts de pied, la foule étendue sur la plage et l'agitation, l'ennui de ne pas savoir s'occuper allongé sur une serviette. J'ai pour ma part une éducation montagnarde. J'en suis fière. Mais cela ne m'a pas aidé à avoir une image positive de la baignade (cf. récriminations précédentes) 
2010 - La première fois que j'ai vu l'océan

Deuxième handicap : les profs de sport tortionnaires
C'est ainsi qu'à l'âge de 11 ans, le fossé est déjà creusé entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. La peur, entre temps, s'est installée. Et c'est là qu'on tombe sur un ou une prof (pour moi c'était une) qui endosse le rôle de bourreau définitif. Ah ? Tu as peur ? Ah ? Tu ne sais pas nager ? Vas-y que je te pousse dans le grand bassin et que j'éloigne sournoisement la perche dès que tu manques de l'attraper. Les dés sont jetés, tant pis : je ne saurai jamais nager. S'ensuivent des années de stress rien qu'en passant devant une piscine municipale, les effluves de chlore qui donnent mal au ventre, etc...
2015- Quand je suis tombée en amour pour de bon

Une étape cruciale : la découverte de l'océan
Vingt et quelques années plus tard, la découverte de l'océan ravive le malaise. Non que cette rencontre avec l'élément liquide soit un problème. Au contraire : c'est l'attraction qui naît de la mer qui fait que la frustration pointe le bout de son nez et entame un travail de sape sur la peur. Vous me suivez ? La plage commençait à me faire tellement envie que j'ai envisagé peu à peu de me jeter à l'eau. Pas si vite, cependant : on ne se refait pas ! Mes premiers pas ont été plutôt timorés. Les pieds, puis les chevilles...
2015 - la première fois que je me suis baignée pour de vrai et que j'ai aimé ça
(c'est marrant, c'était dans le lac Léman !)

Le déclic : 
Mon oncle était comme moi. Un non nageur. Et puis l'amour, et puis la trentaine et puis la confiance en soi et l'envie. Il a fini par apprendre et plonge même maintenant avec ravissement dans toutes les eaux de France. Je savais que, comme lui, un jour, je me lancerais. Prendre des cours m'impressionnait. La piscine me rebutait toujours autant. Cependant, me baigner dans l'Atlantique me plaisait déjà beaucoup. Alors un matin d'août, alors que la plage des Sables d'Olonne était déserte, j'ai essayé de faire quelques brasses. Vous le croirez ou non, ça a marché ! Depuis, je me suis encore entraînée, soutenue par quelques conseils avisés et des encouragements bienveillants. Je n'ai plus peur de couler. Je suis fière de moi. Et ça ne fait que commencer !
2017 - là où pour la première fois j'ai fait quatre brasses, sans couler 

Pourquoi cet article ? 
Pourquoi vous parler de cela, me direz-vous ? Parce que, les voyageurs se reconnaîtront là-dedans, il n'est pas de plus grand bonheur, lorsqu'on est baroudeur, que de communier un maximum avec les éléments qui nous entourent, que de goûter aux plaisirs de la terre qui s'offre à nos yeux... et des mers qui nous tendent les bras. Et aussi pour dire qu'il n'est jamais trop tard pour essayer. C'est le moment pour moi de vous balancer l'un de mes crédos dans la vie :
"Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas les faire, c'est parce que nous n'osons pas les faire qu'elles sont difficiles." 

lundi 28 août 2017

3 choses à faire face à l'océan : marcher, rêver, pavaner

Marcher
Les sentiers qui courent le long du littoral sont peuplés de joggeurs et de marcheurs, parmi lesquels vous pouvez aisément vous fondre si votre truc, c'est la rando. Il y a des kilomètres et des kilomètres de côtes à parcourir en Vendée. Les chemins qui longent l'océan Atlantique au sud des Sables d'Olonne (route déjà évoquée dans cet article) sont des balcons idéals pour admirer l'horizon, avoir un panorama grandiose sur les rochers et pour voir les couleurs de l'eau changer selon celles du ciel. Une voie est réservée aux cyclistes et une autre aux piétons. Attention, simplement, aux sportifs en mode grosse compète qui ne manqueront pas de vous faire sentir par une toux, un pardon retentissant ou un frappement appuyé sur le sol avec leurs bâtons de marche qu'il faut vous écarter. Si vous êtes des leurs, parfait : les sentiers côtiers seront vos alliés pour rester en forme dans un cadre magnifique. Sinon, faites fi des athlètes musculeux et véloces et allez à votre rythme de promeneur du dimanche. Il y a de la place pour tout le monde ! 


Rêver
Les couchers de soleil, ça a beau être couru d'avance, on connaît la chanson, la fin du film par coeur, quand l'astre sombre dans l'eau, ça reste un moment privilégié quand on a la chance de le vivre au bord de l'océan. La Vendée ne déroge pas à cette règle et offre des soirs poétiques et romantiques en veux-tu en voilà. Que ce soit le ciel rose au-dessus de la Chaume et de la tour d'Arundel, les teintes orangées de l'horizon qui se reflètent dans la mer ou encore plus tard, la grande plage et le remblai des Sables d'Olonne qui s'illuminent de dizaines de lumières bleues très chics, on ne s'en lasse pas. Tant et si bien qu'on n'a plus envie d'aller se coucher et qu'on est même capable de prendre la voiture pour aller voir la nuit à la Paracou ou à Sauveterre, comme ça, pour rien. Pour voir la Lune concurrencer le phare. Pour apercevoir un pêcheur qui, à minuit, quitte son poste pour rentrer chez lui avec sa lampe frontale. Pour humer l'air du soir. Juste vivre l'instant. 






Pavaner
La baie de Cayola est l'endroit idéal pour frimer. Imaginez-vous la Californie, le soleil, le vent dans les cheveux, des corps bronzés qui se trémoussent face à la mer, les rochers, les vagues, le restaurant qui se la pète. Mis à part ces clichés, Cayola bay, comme je m'amuse à l'appeler, est un site protégé qui appartient à Château d'Olonne et qui se situe sur la célèbre corniche vendéenne. La plage de galets et les espèces végétales qui vivent autour sont bien entendu à toucher avec les yeux. Interdiction de planquer un galet dans son sac à main pour le rapporter en souvenir ou de cueillir des fleurs. Quant à se baigner, ce n'est pas le lieur non plus. Mais pour le régal des pupilles, il n'y a rien de mieux que cet endroit privilégié. S'asseoir sur un banc et rester là. Pendant des heures. Regarder le temps passer. Quoi de plus paradisiaque ? 




 (je n'ai pas pu m'en empêcher !)
Et un presque 360 pour vous donner vraaaaiment envie !

mercredi 23 août 2017

La cathédrale Jean Linard : la Sagrada Familia du Berry

Au fin fond du Berry, il faut se perdre sur les petites routes de campagne, entre les collines. Sortir de Bourges et s'évaporer dans la nature. Là se cache une cathédrale d'un autre genre...
La cathédrale Jean Linard
Céramiste de formation, Jean Linard est né en 1931 et est venu s'installer dans le village de la Borne, là où nous vous emmenons tout de suite après, à l'aube des années 60. Peu de temps après, il achète à Neuvy-Deux-Clochers, une ancienne carrière de silex. C'est là qu'avec sa femme (la deuxième d'une série de quatre), il commence à construire sa maison d'habitation avec des matériaux de récupération. C'est le début d'un travail de création qui ne cessera qu'à la mort de l'artiste, en 2010. Aujourd'hui, on peut se promener parmi les étranges créatures qui peuplent son jardin, entre monstruosités, elfes et danseuses. Ce cheminement coloré nous mène jusqu'à son œuvre majeure, la cathédrale, commencée en 1983 et dont la réalisation prendra de nombreuses années à Jean Linard. A sa mort en 2010, la famille (malgré sa descendance de huit enfants) ne peut pas entretenir le site et se propose de le vendre. S'ensuit une pétition de différents artistes, un appel au ministre de la culture Frédéric Mitterrand, pour finalement obtenir que la cathédrale soit classée monument historique. 
Pour quelques euros, mais attention, seulement à des moments précis de l'année (voir le site officiel), vous pourrez admirer l'œuvre d'une vie, un hommage à la Sagrada Familia de Gaudi et la libre expression d'un artiste sans carcan. 





La Borne
A quelques kilomètres de là, le village où tout a commencé pour Jean Linard : la Borne et son association de potiers qui ouvrent leurs portes sur la grande rue ou se dissimulent dans la forêt, au bout de chemins qui font parfois hésiter les touristes. L'office de tourisme ou le tout récent Centre Céramique Contemporaine (dans lequel on peut voir un échantillon des créations de chacun des céramistes de l'association, ainsi que des expositions temporaires) distribuent un plan qui permet de s'orienter dans ce dédale de ruelles où se cachent les talents les plus divers. Il règne dans le village une ambiance particulière, originale, décalée. En cas de petite soif, posez-vous donc dans l'un des fauteuils hétéroclites de ce café à ciel ouvert niché entre les arbres. Puis reprenez votre route en ayant eu l'impression d'une parenthèse enchantée au royaume de la poterie. 




La Tour de Vesvre
Cette fois, il faut vraiment le savoir pour y aller ! En plein milieu d'un désert de champs cultivés, sans rien ou presque autour, mis à part quelques fermes éparses et à l'horizon les collines plantées de vignes du sancerrois, se dresse la tour de Vesvre, monument historique du XIIème siècle. Une association met en valeur ce site et propose des visites de la tour, dans laquelle ont lieu des expositions et des conférences. Un bien bel endroit qui ne fait qu'allonger la liste de ceux qui se planquent au fin fond du Berry, sur les petites routes de campagne...